Société

Pour le vivre-ensemble, rencontre avec Géromine et Edouard

10 juillet 2015

© Asmae

Le 24 juin 2015, j'ai rencontré Géromine et Edouard, tous deux en service citoyen chez Asmae [1]. Nous nous sommes réunis dans les locaux de Magma [2] pour discuter des alternatives pour « un mieux vivre-ensemble ». Cette rencontre prenait place dans le cadre du service citoyen comme moyen pour créer un lien social. Le point de départ de notre discussion était « les convictions religieuses et philosophiques ».

Questions épineuses

« La religion, c'est un mode de vie », « Les religions sont souvent au centre des conflits », « La religion c'est poser un regard d'amour sur les autres » sont des questions dont nous avons débattu avec les participants à l'atelier : Géromine, Edouard, Candice et Amandine. Pour ce faire, le jeu du baromètre a permis de recueillir les avis. Pour certains, la religion n'est pas une source de sens pour la vie, car les recherches sociologiques et anthropologiques ont montré que les Hommes peuvent vivre sans religion. D'autres pensent que la religion mal interprétée peut être une source de conflit. Quant à la dernière question, les avis étaient diversifiés, la religion, ce n'est pas seulement poser un regard sur les autres.

Ces échanges ont permis aux participants de comprendre l'importance de pouvoir entendre l'autre, même si les avis sont différents, et l'importance de  respecter les convictions d'autrui. Au cours des discussions, la question de la tolérance a été particulièrement évoquée.

Par ailleurs, des pistes d'action individuelles, collectives et politiques ont été énumérées. Parmi ces pistes, le service citoyen est une alternative pour créer des liens sociaux indispensables à un «  bon vivre-ensemble ». Le « vivre-ensemble » est une expression abondamment utilisée par les médias sans être vraiment définie. Le lien social est ce qui permet aux individus de vivre ensemble et de « faire société ».

 

« Passeurs de mémoires »

Le Service citoyen propose aux jeunes (18 à 25 ans) de tous horizons de s'investir dans des projets utiles à la collectivité, de s'y engager plusieurs mois à temps plein, individuellement ou en équipe. Dans le cade de leur Service citoyen, des jeunes recueillent par exemple la mémoire des aînés en participant à un programme intergénérationnel intitulé « Passeurs de mémoires ». Géromine et Edouard, quant à eux, ont choisi le service citoyen chez Asmae afin de faire des rencontres, avoir une meilleure connaissance du développement et des inégalités. Un voyage au Togo leur permettra de vivre ce qu'ils auront appris.

Edgar Morin[1] disait 

« On donne des connaissances sans enseigner ce qu'est la connaissance. Toute connaissance est une traduction suivie d'une reconstruction cérébrale qui subit le risque d'erreur dans nos vies privées... »

Notre rencontre est un bel exemple d'éducation à la compréhension de l'être humain.

 


[1] Asmae est une association qui depuis 1981, accompagne des jeunes en termes de citoyenneté, de coopération et d'éducation au développement. Elle renforce ainsi la solidarité entre les jeunes de Belgique, d'Egypte, du Maroc, du Sénégal et du Togo.

[2] Magma est un moteur de dialogue entre différentes composantes de la société belge, qu'elles soient linguistiques, culturelles, confessionnelles, philosophique ou sociales.

[3] Edgar Morin est sociologue et philosophe, directeur de recherche émérite au CNRS, plaide pour une prise en compte de la complexité dans l'enseignement. Il intervient au sommet mondial pour l'innovation dans l'éducation qui s'est tenu du 29 au 31 octobre 2013 à Doha, au Qatar.

 

Portrait réalisé par Ahamadou Ouedraogo