Convictions

Tania, catholique, une jeune comme les autres

22 mai 2015

© Tania

Dimanche, début d'après-midi. Une soixantaine d'enfants, âgés de 11 à 14 ans, sont attablés. Rassemblés en groupes de 7 à 8 personnes, ils sont venus suivre la catéchèse dans leur paroisse. Parmi ceux qui encadrent ces enfants, il y a Tania. Cette jeune fille de 26 ans que je suis venu rencontrer, étudiante en relations publiques, me parle de sa foi, de son engagement en tant que jeune et chrétienne catholique.

Transmettre aux plus jeunes

« On commence toujours par la messe » me dit-elle quand j’aborde notre discussion. Ensuite, nous nous retrouvons pour manger avant d’entamer la catéchèse[1] proprement dite, ajoute-elle.  En  effet, depuis près de dix ans, Tania prépare les jeunes de sa paroisse à la confirmation et à la profession de foi. Plus jeune, elle faisait déjà  partie d’une petite chorale et d’un groupe de jeunes chrétiens.

« Après ma confirmation, avec des amis on a créé un groupe qu’on appelait le Collectif K. Nous voulions approfondir ce que nous avions appris pendant notre catéchèse. Par la suite, j’ai voulu transmettre ce que j’avais moi-même reçu, j’ai intégré le groupe des catéchistes de ma paroisse »

La famille maternelle de Tania est catholique, celle de son père est musulmane. Pourtant, c’est dans   l’Eglise protestante que Tania grandira. A 12 ans, elle choisit de  fréquenter l’Eglise catholique.« C’est là que je me sentais le mieux.»

Quand elle me  parle de sa foi, Tania la décrit comme  un mode d’emploi de la vie.

« La religion pour moi est un appui. C’est un code de conduite qui me permet de vivre au jour le jour, c’est aussi une relation de vie intérieure avec Dieu. Grace à elle je me sens faire partie d’une communauté de personnes qui  partagent les mêmes valeurs que moi »

 

Dialogue interconvictionnel…plutôt musclé !

L’une des choses les plus difficiles quand on est jeune et chrétienne catholique  me dit-elle, c’est souvent  le regard des autres. En effet, aujourd’hui l’Eglise Catholique est  mal comprise et mal vue.  S’affirmer en tant que jeune catholique en public relève parfois du courage. Tania en a fait l’expérience. Elle m’avoue que quelque fois, elle s’est sentie obligée de se justifier sur sa foi.

« Certaines personnes m’apprécient sans savoir que je suis catholique. Quand elles l’apprennent, elles sont surprises de voir que je ne corresponds pas aux idées parfois fausses qu’elles se font. Moi, Je n’ai aucun complexe sur ce point. »

Les personnes avec qui elle a eu les conversations les plus musclées sont les croyants d’autres confessions (protestants ou musulmans). Selon son expérience, les non croyants, semblent être plus tolérants à ce sujet. 

« C’est plus facile pour moi de dire à un non-croyant que je suis catholique, qu’aux croyants d’autres religions.  Est-ce parce que les non-croyants se moquent un petit peu des questions religieuses ? »

 

Une expérience de prière collective au Brésil

En juillet 2013, Tania se rend au Brésil pour assister aux Journées Mondiales de la Jeunesse. C’est l’un des événements les  plus marquants de sa vie de jeune chrétienne catholique.

« Les communautés qui nous ont accueillis étaient composées de jeunes. L’ambiance y était vivante et fervente. Malgré la barrière de la langue, nous avons passé des moments de foi et de témoignages inoubliables. J’ai ressenti une réelle communion. L’apothéose pour moi fut la messe de clôture à Copacabana : plus d’un millions de personnes étaient rassemblés  sur cette plage pour prier »

Dans une société où l’individualisme, l’injustice et le manque de tolérance prennent de plus en plus le pas, l’entretien avec Tania m’a permis de réaliser qu’aujourd’hui la religion a encore sa place.  Elle offre aux croyants un code de conduite : elle convie à poser un regard d’amour  vers autrui et pousse à être meilleur, non seulement pour le bien-être personnel mais surtout pour celui de l’humanité, de l’universalité. C’est aussi cela être croyant : témoigner de sa foi par son comportement.

 


[1] La catéchèse est un dialogue à visée pédagogique dont le thème est la foi et la manière de vivre la foi. 

 

Portrait réalisé par Prince Djungu