Convictions

Julie Dewaels, une jeune catholique heureuse et confiante !

3 avril 2015

© Vanessa Kabuta

D’une belle histoire dans un livre…

Bruxelloise d’origine, Julie Dewaels prétend avoir eu une éducation catholique passive :« j’ai  fait ma 1ère communion, j’ai participé aux cours de catéchisme, j’ai fait ma scolarité dans une école catholique et j’allais à l’église avec mes parents aux grands événements comme Noël et Pâques ».

Cependant, « cela n’avait rien du tout de concret, ça restait une belle histoire dans un livre » se souvient-elle. Depuis quelques années, Julie a déménagé à Anvers et y a rencontré la Communauté Sant Egidio  où elle y devient active par la suite.

…à l’engagement dans une communauté

Dès lors, l’étudiante en 1ère année de soins infirmiers perçoit le Christianisme d’une manière tout à fait nouvelle, « c’est quelque chose qui s’applique aujourd’hui aussi » renchérit-elle. 

Depuis le mois de janvier 2015, elle rend service tous les samedis à la Communauté Sant’Egidio de Bruxelles pour l’aider à s’agrandir. Né en 1968 à Rome, Sant’Egidio est un mouvement chrétien de laïcs présent dans plus de 70 pays en Amérique latine (Honduras…), en Afrique (Cameroun, Congo, Burundi…), en Europe, etc.  La Belgique dispose de trois Communautés actives à Anvers, Liège et Bruxelles. Ces différentes communautés partagent la  spiritualité et les fondements qui caractérisent le chemin de Sant’Egidio, à savoir : la prière, le service aux pauvres, l’annonce de l’Evangile et le dialogue interculturel et interreligieux.

Les communautés se rendent souvent à Rome où se trouve le siège de Sant’Egidio, visité en  juin 2014 par le Pape François.« C’était un très bon moment et ce voyage nous a donné plein de courage pour la suite. Le discours du Pape François sur la Communauté de Sant’Egidio était très beau et cela nous a stimulés encore plus ». Julie m’annonce que cette année 2015, elle ira en pèlerinage à Berlin pour se retrouver avec tous les jeunes de la Communauté Sant’Egidio d’Europe. « Ces pèlerinages entre jeunes sont des moments très riches car ensemble nous pouvons partager nos expériences de service aux pauvres et les moments de prière semblent alors plus intenses ».

Au quotidien, Julie vit sa foi grâce à la prière. Chaque vendredi, la prière des jeunes est un moment où ils se retrouvent pour entendre les textes de l’Evangile et réfléchir sur ce que la Parole leur a apporté dans leur vécu de la semaine. La messe du dimanche est aussi un moment important pour Julie qui considère l’Evangile comme un exemple : « j’essaie de faire de mon mieux pour suivre cette voie, bien que ce ne soit pas toujours facile », ajoute-t-elle.

La jeune femme de 27 ans vit également sa foi en se consacrant au service des pauvres« Pendant plusieurs années, je m’étais consacrée au service des personnes âgées et cela m’a beaucoup apporté ! C’’est entre autres là que je me suis rendu compte de ce que je voulais faire dans ma vie ». Julie constata que même en ayant peu donné de son temps, elle recevait énormément en retour et « cela me rendait tellement heureuse », insiste-t-elle.

Aujourd’hui, elle se consacre au service des enfants. Les écoles de la paix, par exemple, proposent un temps pour aider à faire les devoirs et un temps pour faire de l’information. La Communauté de Sant’Egidio est en effet convaincue que ces enfants issus de milieux défavorisés sont les adultes de demain et qu’il est donc de son devoir de les responsabiliser aux grands défis qui les attendent dans le futur. « Vivre ensemble dans le respect de chacun est  une des valeurs essentielles de nos écoles de la paix, pour que chacun puisse y trouver sa place dans notre société et contribuer à un avenir plus juste », affirme Julie.

Sa foi lui donne force et confiance

Grâce à sa foi, Julie se dit plus heureuse et plus confiante : « en semaine, je prends le temps de me poser et de confier à Dieu toutes les choses que je n’ai pas pu faire ou résoudre ». Cette jeune chrétienne est convaincue que Dieu agit dans sa vie et que cela se manifeste au quotidien quand elle observe son entourage.

Elle me raconte avec ferveur qu’en appliquant les textes de l’Evangile dans sa vie, elle obtient  la force et le courage de bouleverser certains événements :« Aussi petits soient-ils, j’ai vu des miracles au sein du service des personnes âgées(…). J’ai vu des choses qui n’auraient pas pu se produire en temps normal. Des personnes âgées, par exemple, ont changé grâce à l’Amour que nous leur donnions dans le cadre de notre service. Et l’Amour qu’on leur donne n’est autre que l’expression de Dieu ».

Elle se désole aussi du discours prédominant qui rejette Dieu suite aux circonstances et épreuves douloureuses de la vie (guerres, famines, mort d’un proche, catastrophes naturelles,…). « Je prie alors pour ceux qui n’ont pas la foi, et plus particulièrement lorsque ces mêmes personnes doivent affronter des épreuves douloureuses car selon moi, il est important de faire la part des choses(…) car Dieu ne commet pas de fautes ! ».

Témoigner de sa foi : un sujet de controverse ?

Toutefois, l’étudiante en soins infirmiers admet qu’au début de sa « conversion », elle n’était pas aussi confiante et n’osait pas trop en parler, surtout à l’école où elle était confrontée à beaucoup de non-croyants. Mais sa foi devenant grandissante, ce n’est désormais plus un problème pour Julie : « aujourd’hui, je n’ai plus peur d’être jugée si je poste sur Facebook des articles sur la religion et la foi… Au contraire, j’en discute même avec les autres étudiants qui me posent des questions en classe le lendemain…C’est quelque chose qui m’apporte tellement et me rend heureuse, pourquoi m’en cacher ? » Julie en profite d’ailleurs pour rappeler  le message phare du Pape François qui incite les Eglises et les croyants à s’ouvrir, à évangéliser le monde qui les entoure et à témoigner que la foi se vit dans la joie.

Julie prend aussi l’exemple de son grand-père qui ne comprenait pas son choix et qui était quasi anti-croyant, « mais à partir du moment, où nous deux nous pouvions avoir une discussion respectueuse et fructueuse sur nos choix et orientations, je n’y voyais pas d’inconvénient ». Pour cette jeune catholique, il importe donc de se respecter les uns les autres.

La néo-anversoise dit avoir la chance d’appartenir à la Communauté de Sant’Egidio qui est très grande et active à Anvers: "nous sommes beaucoup de jeunes chrétiens". Tous ses amis sont croyants et ensemble ils se rendent à la prière des jeunes du vendredi, mais « cela ne nous empêche pas de boire un verre ensemble ensuite (…) nous ne sommes donc pas différents des autres ». Julie insiste et me rétorque qu’elle vit vraiment bien sa foi dans ce monde où la croyance en Dieu est parfois perçue comme un choix « irrationnel », voire ringard.

En revanche, elle regrette le choix de ces jeunes chrétiens (ou d’autres religions) qui ne restent qu’entre croyants.

 

Un regard vers le futur

Julie  m’avoue qu’elle aimerait participer aux Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ). « C’est intéressant de rencontrer d’autres jeunes qui vivent leur foi d’une autre manière tout en restant ouverts ». Tout comme elle l’a expérimenté lors de La Prière pour la Paix à Anvers où elle a eu l’occasion de rencontrer des jeunes de toutes confessions rassemblés autour d’une même idée : le vivre ensemble dans le respect et la liberté de croire de chacun.

Elle me l’affirme, sa foi ne cessera de grandir :« selon les circonstances, les textes de la Bible peuvent être interprétés de manière différente car ils sont si riches que la première fois que tu les lis, tu peux pas comprendre toutes les nuances et tous les sens cachés(…) C’est vraiment quelque chose qu’il faut travailler au fil du temps». Julie est persuadée que la Bible est à même d’accompagner les croyants tout au long de leur vie.

Enfin, à l’approche de Pâques, Julie saisit cette occasion pour me dire qu’elle considère le Carême comme quelque chose de très personnel, « tout un chacun le vit à  sa manière ».

Dans cette société occidentale où les jeunes s’intéressent  de moins en moins à la religion et au spirituel, Julie Dewaels témoigne et tient à partager la « Bonne Nouvelle ». Pour elle qui tient à vivre selon les textes de la Bible dans sa vie quotidienne, j’ai trouvé un verset dans l’Evangile selon Saint Matthieu (25,40) illustrant à merveille son action de foi : « Ce que tu fais au plus petit d'entre les miens, c’est à moi que tu le fais ».

Bonne continuation à elle!

Portrait réalisé par Vanessa Kabuta

J'ai toujours eu un grand intérêt pour les questions liées au développement et à la solidarité internationale. Mais je m'intéresse aussi aux thèmes de société (pauvreté, éducation, immigration...) qui concernent la Belgique, en particulier Bruxelles.